Jean-Jacques Boitard
Un autre « fou chantant »…
Dans une filière musicale atteinte de jeunisme aigu et de marketingmania, la démarche de Jean-Jacques Boitard peut – au premier abord – passer pour anachronique. Et pourtant…
Personnage atypique et fantasque aux allures de savant déjanté, proche cousin de celui de Retour vers le Futur, ce troubadour qu’on croirait égaré de l’époque Canetti et des cabarets rive gauche est intemporel. Donc plus que jamais actuel.
Naviguant à contre-courant, loin des soirées branchées et des buzz passagers, il affiche sa toison blanche (il est né en 1939), sa moustache assortie, son sourire coquin-complice et sa guitare « à cordes sympathiques » (*) pour nous servir des chansons bien à lui, pas si anodines que ça, drôles et poétiques, tendres et gentiment corrosives, légères et excentriques.
On peut le situer, bien que l’exercice s’avère caricatural, dans la lignée de Boby Lapointe, Pierre Perret ou Ricet Barrier, quelque part entre Brassens, Tri Yann et les Frères Jacques. On pense aussi à Didier Volubile, autre figure loufoque de la chanson. Mais JJB a un style et une écriture unique et inimitable que son ami Claude Lemesle a baptisé la « Boitarderie »…
Barde hurluberlu du 21ème siècle, Jean-Jacques Boitard – « Boitard » pour les intimes – est un trublion à sa manière, un « quêteur jamais rassasié d’aventures et de rencontres en tous pays de musique et de poésie » (Jacques Bonnadier). Auteur de quelque 300 chansons, il propose son folk surréaliste toujours avec le même enthousiasme, la même fraîcheur d’âme et la même simplicité chaleureuse.
« Il est époustouflant et effervescent comme la chaux vive », dit de lui le chroniqueur marseillais Claude Camous. « Avec le plus grand sérieux, il se lance dans la transformation à son image de notre société, et tout explose alors dans un formidable éclat de rire(…). Jean-Jacques ose, et de son violent coup de pied dans la fourmilière surgissent des chansons pleines de poésie, d’extravagance, d’humour et… de philosophie ».
Bref, un univers riche d’inventivité et qui ne ressemble qu’à lui, à la fois extravagant et sensible, et surtout rafraîchissant dans la morosité actuelle. A déguster sans modération. |